Une vie d'aveugle
Après une autre défaite des plus lamentables, Galk rentrait chez lui. Animé d’une rage intérieure, il souhaitait la mort de son adversaire. Marre, il en avait marre de perdre peu importe le domaine. Depuis sa plus tendre jeunesse jamais ses prouesses ne furent suffisantes pour obtenir une victoire. Que ce soit une course a pieds, labourer les champs, combats d’escrime amateurs, rien, jamais rien de ce qu’il pouvait faire ne lui avait donné une victoire. Très souvent dernier dans toutes les catégories, jamais sur le podium des vainqueurs. Depuis des années rien n’avait changé. Et voilà qu’il ne pouvait même pas protéger sa douce de simples bandits. Il avait prié Nephthys afin de changer son destin, il avait redoublé d’effort lors de ses entrainements quotidiens. Même qu’il était parvenu à rejoindre un clan afin de progresser. Hélas rien n’y fit.
Les bandits s’étaient moquer de lui, lui avaient ravit sa douce. Comment ne pas éprouver de la compassion à son égard. Nephthys cependant avait d’autres projets. Elle utilisait cet homme prisonnier de son destin afin de voir les limites de l’humanité. Une sorte de cobaye inconscient de son sort. Quelques fois elle le poussait vers les tortures psychologiques, d’autre vers des souffrances physiques. Elle modifiait même les combats et les tests d’aptitude de cet homme afin de le pousser toujours plus profondément dans le gouffre des ténèbres. Ses actions, bien que purement mal intentionnées, permirent l’ascension d’une nouvelle déité. Lorsque celle-ci se manifesta enfin aux cotés de Nephthys, la déesse de l’équilibre lui céda sa place. L’homme servant de cobaye aux expériences douteuses de Nephthys devint alors celui D’Anshar. Celle-ci observa l’homme sans jamais prendre action. Il était en bien piteux état et elle sentait sa rage jusqu’au firmament. Une colère refoulé qui se dirigeait vers tous et chacun, vers le monde et les divinités.
L’homme atteint ses trente-cinq ans sans jamais connaître le goût de la victoire ou de la moindre progression. Encore et encore il se retrouvait lamentablement perdant. Il chercha même la mort, mais Anshar lui retira ce droit. Complètement déboussolé par sa vie honteuse, l’homme fit ériger un monument au cœur d’une forêt. Ce monument devint rapidement une cité sainte. Dans celle-ci, il fit bannir toute vie extérieure et se barricada à l’intérieur. À gauche et à droite, de gigantesques statues de pierres représentant les facettes les plus ignobles de ce monde. À la fin du troisième étage sous-terrain se trouvait une grande salle. Anshar était curieuse sur ce que projetait l’homme, mais étrangement il avait réussit ce que personne n’avait réussi à ce jour : il avait également coupé tout contact avec les divinités. Même Dharan ne pouvait interférer, même Garek ne pouvait détruire ses remparts.
Finalement ce fut Galk qui se manifesta. Après trois ans de réclusion, il fit apparaître Anshar devant lui, au centre d’un autel dégageant une forte présence de magie noire. L’homme emprisonna la déesse dans une cage faite de Nytoxine pur. Un minerai extrêmement rare et dangereux. Après quelques incantations, Galk s’adressa directement à Anshar.
-Cela vous plait d’observer du haut de votre palace doré les vie humaines que vous martyrisez. Cela vous plait de jouer avec les vies mortelles de ce monde simplement pour votre amusement. Mais moi cela ne me plait pas. CELA NE ME PLAIT PAS DU TOUT !
La fureur de l’homme était telle qu’il ignora la réponse d’Anshar. Ses yeux brillant étaient bien loin de l’esprit de Galk. Il voulait obtenir la victoire, changer son destin, obtenir vengeance sur tous et chacun. Il voulait éradiquer les dieux et tout ce qu’il pouvait trouver aux cieux. Mais pour cela, il devait se procurer les pouvoir d’un dieu. Quel meilleur choix que celle l’ayant martyrisé toute sa vie. Jusqu’à ce jour, il croyait les déesses au nombre de trois, mais voila qu’il en avait débusqué une quatrième.
Par de nombreux sorts et utilisation d’objets tranchants, il arracha les yeux de la déesse. Marmonnant qu’elle ne pourrait plus jamais profiter de son passe-temps favori, observer le monde des mortels. Il plaça les yeux d’Anshar dans ses orbites, non sans peine et douleur. Puis…
-Mais qu’est-ce que… Qu’est-ce que c’est que ça !? C’EST ENCORE VOUS ! ENCORE UN SALE TOUR ! NON !!!
Devant ses yeux, il ne voyait plus les ténèbres dans lesquels il venait de vivre trois ans. Telles des images imprimés sur la rétine des yeux d’Anshar, il revoyait certains événements. Il revoyait notamment l’attaque des bandits sur sa modeste chaumière. Mais cette fois, il se voyait combattre tant bien que mal afin de regagner sa douce. Il se voyait lui lors des occasions spéciales ou marquante. Puis…
-Impossible… IMPOSSIBLE !!! NON ! Alicia… non…
Galk, assoiffé de vengeance et de pouvoir, aveuglé par les ténèbres comprit à l’instant même ou tous les pouvoirs de dieux lui étaient accordés. L’impact et le choc le rendirent complètement fou. Il perdit la raison et dans un élan de confusion détruit tout ce qu’il avait construit. Y comprit ce que nous appelons aujourd’hui les Ruines de Garkans, nommés après Galk, Garkans Praider de son vrai nom.
L’histoire ne s’arrête pas ici. Mais le reste n’est que des plus incertains. Il est dit que Galk reçut un châtiment pire que la mort. Celui de vivre éternellement confiné sur une ile déserte à ne rien voir d’autre que les souvenirs d’Alicia… D’Anshar. À contempler le désir de sa douce de garder Galk auprès d’elle sain et sauf. Il est également raconté qu’il lui est impossible de voir, de toucher ou d’entendre les mortels, puissions nous un jour le trouver.
Puissent les dieux avoir pitié de son âme.